Jennifer Avène : De L’apprentissage A L’autonomie

Retrouver son bonheur en revenant à soi, pas à force de “faire plus”

Dans cette conférence conversationnelle de l’Académie Nouvelle Vie, Jennifer Avène raconte comment elle est passée d’un mode “trop / pas assez” (hyperactivité, contrôle, effondrements) à une autonomie plus juste.

Son fil conducteur : arrêter de se disperser, se relâcher, et “désapprendre” ce qui ne nous appartient pas, pour retrouver son univers.

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Jennifer Avène

Jennifer Avène

Psycho-Énergéticienne

Quand on a “tout”… mais qu’on ne se sent pas stable

Jennifer décrit une sensation déroutante : extérieurement, sa vie “ressemblait” à ce que beaucoup désirent, et pourtant, intérieurement, quelque chose vacillait. Elle parle d’un sentiment profond d’instabilité psychologique, au point de se demander si elle n’avait pas une bipolarité ou “un déséquilibre quelconque”. Ce n’est pas présenté comme un diagnostic, mais comme une manière de mettre des mots sur un vécu intense.

Dans son récit, il y a une clé : quand elle était plus jeune, elle se sentait souvent “pas capable”, avec l’impression que “c’était toujours trop” — à l’école comme dans les relations humaines. Autrement dit, l’instabilité ne vient pas forcément d’un événement spectaculaire. Elle peut être la conséquence d’un long effort pour tenir, se conformer, réussir… sans réellement sentir une base intérieure.

Repère simple (issu de son vécu)

Si vous vous dites : “Je devrais aller bien… mais je ne me sens pas bien”, la question n’est pas de vous “juger”. La question est : qu’est-ce que vous portez depuis longtemps, et qui vous épuise à force d’être tenu en silence ?

Note importante

Jennifer insiste sur une nuance essentielle : à l’époque, elle utilisait certains mots pour décrire ce qu’elle ressentait, mais ces mots “n’ont plus de sens aujourd’hui” pour elle. Autrement dit, le même vécu peut être interprété différemment selon l’étape de vie. L’objectif n’est pas d’étiqueter, mais de comprendre ce qui vous pousse à fonctionner en mode survie.

Vivre à travers l’autre : perdre son identité sans s’en rendre compte

Un des passages les plus marquants de la conférence : Jennifer explique qu’elle ne vivait pas vraiment sa vie “à elle”. Elle dit qu’elle vivait beaucoup “à travers” ce qu’elle voyait, et qu’elle n’avait pas d’identité claire à cette période. Elle résume cette dynamique par une image forte : “on ne peut pas exister dans l’univers d’un autre”.

Ce n’était pas juste “prendre appui” pour avancer. Elle va plus loin : elle avait les mêmes centres d’intérêt que l’autre, reprenait certaines expressions, et se rendait compte après coup qu’elle s’était modelée sans le vouloir. Elle cite même un film qui illustre ce mécanisme : à chaque relation, la personne finit par ressembler à son partenaire. Dans sa vie, cela se manifestait dans toutes les relations : amicales, amoureuses, familiales.

Carte blanche #1 – Mini-exercice : repérer la suradaptation

Prenez une relation (amicale, amoureuse ou professionnelle) où vous vous êtes senti(e) “moins”. Répondez vite, sans chercher à être parfait(e).

  • Qu’est-ce que j’ai commencé à copier (centres d’intérêt, langage, habitudes) ?

  • À quel moment je me suis dit : “je ne me reconnais plus” ?

  • Quelle “solidité” je cherchais chez l’autre (plus fiable, plus intelligent, plus… ) ?

L’objectif n’est pas de culpabiliser : c’est de rendre visible ce qui se fait “inconsciemment”, pour retrouver votre point d’appui intérieur.

Ce point est central dans “l’apprentissage à l’autonomie” : tant que votre sécurité dépend de l’extérieur, vous pouvez avoir l’impression de “tenir”… mais vous perdez votre expansion et votre croissance. Jennifer le dit clairement : ça peut soutenir une part insécure, mais ça finit par vous éloigner de vous-même.

Le profil “trop / pas assez” : hyperactivité, contrôle, exigence

Jennifer fait une caricature d’elle-même à l’époque pour que chacun puisse se reconnaître sans jugement. Elle parle d’un tempérament très sanguin, capable de s’embraser “en deux secondes”, comme un feu de forêt. Elle évoque aussi un fonctionnement très exigeant, perfectionniste, rigide — un côté presque “militaire” dans le cadre professionnel.

Ce qui est intéressant, c’est qu’elle ne diabolise pas ce cadre. Au contraire : elle dit que ce cadre la rassurait, parce qu’elle le maîtrisait. Donc le contrôle n’était pas juste un “défaut” : c’était une stratégie de sécurité. Mais quand la stratégie devient permanente, elle finit par coûter très cher.

Le détail qui parle à beaucoup

Jennifer raconte une “phobie” très concrète : avoir une heure de libre dans son agenda. Dès qu’il y avait un espace, il fallait le remplir. Et, au début, il fallait même le remplir avec quelqu’un : si l’autre n’était pas disponible, une vague émotionnelle de rejet montait, très intense.

Cette partie éclaire le thème de l’autonomie : si votre bien-être dépend de la présence, de la validation, ou de la disponibilité des autres, vous vous sentez vite pris(e) au piège. Vous essayez alors de “sauver les meubles”, de contrôler votre monde, d’ajuster votre comportement, de serrer les dents… jusqu’à l’explosion.

L’autre versant : épuisement, apathie, compensations

Le mode “trop” a un revers. Jennifer explique qu’après avoir tout donné pour tout contrôler, elle se retrouvait épuisée. Et là, elle disparaissait : “on ne me voyait plus pendant une semaine”, parce qu’elle était vidée. Elle décrit alors une apathie qu’elle interprétait comme une dépression.

Elle évoque aussi la compensation : quand l’énergie s’effondre, on peut chercher à combler par l’extérieur, par exemple la nourriture. Dans son histoire, ce n’est pas raconté pour dramatiser : c’est raconté pour rendre visible le cycle. Elle le résume avec cette formule très claire : “le trop et le pas assez”. Hyperactivité, puis chute. Contrôle, puis effondrement. Exigence, puis apathie.

Carte blanche #2 – Observer son cycle sans se juger

Sur 7 jours, notez simplement (sans analyser) :

  • Quand est-ce que je “remplis” (agenda, messages, tâches, exigences) ?

  • Quand est-ce que je “tombe” (fatigue, apathie, retrait) ?

  • Qu’est-ce qui déclenche le besoin de contrôle (peur du vide, peur du rejet, peur de ne pas être à la hauteur) ?

L’autonomie commence quand vous voyez votre mécanisme au lieu d’être porté(e) par lui.

Ce passage permet aussi de relire son ancienne inquiétude (“et si j’avais une pathologie ?”) avec plus de douceur : parfois, ce que l’on croit être une identité (“je suis comme ça”) est un ensemble de stratégies apprises. C’est exactement ce qui ouvre la porte au relâchement, puis au désapprentissage.

Le relâchement : là où les vraies prises de conscience apparaissent

Jennifer raconte une étape charnière : la rencontre avec un collègue soignant qui pratiquait, entre autres, le massage énergétique. Ce qui la marque n’est pas une théorie, mais une expérience : la détente. Elle explique que sa pratique l’a amenée à détendre le corps, et “du coup” l’esprit. Et c’est là qu’elle a commencé à entendre des pensées qu’elle n’avait “jamais entendues” avant.

Elle formule une observation simple : dans les moments de relâchement — que ce soit un spa, une balade en forêt, une pause — quelque chose devient audible. Des “petites voix” apparaissent, des prises de conscience se font. Le point important : ce n’est pas l’effort qui produit la clarté, c’est souvent l’espace.

Un repère à tester dès aujourd’hui

Choisissez un moment de relâchement volontaire (10 à 20 minutes). Votre seul objectif : ne rien “réussir”. Notez ensuite une phrase qui a traversé votre tête, même si elle vous paraît bizarre. Dans le récit de Jennifer, c’est souvent là que le chemin réapparaît.

Elle évoque aussi des explorations variées (géobiologie, chamanisme, sonothérapie…). Ici, l’idée n’est pas de “collectionner”, mais de comprendre : quand le corps se relâche, la conscience reprend de la place. Et quand la conscience reprend de la place, l’autonomie devient possible.

“Arrête” : du trop-plein au désapprentissage

Puis vient une phrase qui, pour Jennifer, change tout : “Arrête.” Ce “arrête” ne signifie pas abandonner sa vie. Il signifie arrêter de se disperser, arrêter d’essayer de “trouver une solution” au bonheur en accumulant. Elle raconte qu’elle avait fait énormément : lectures, formations, expériences. Et, justement, ce “énormément” faisait partie du problème.

La formule devient alors un pivot : “Tu n’as plus besoin d’apprendre, tu as besoin de désapprendre.” Dans son récit, cette phrase résonne différemment de tout ce qu’elle avait entendu avant. Elle parle d’un match immédiat, d’une transformation réelle, et d’un impact concret sur la vie quotidienne : rapports humains, vie professionnelle, et relation à elle-même.

Carte blanche #3 – Désapprendre, concrètement

Complétez ces phrases avec vos mots, sans chercher à être “spirituel(le)” ou parfait(e).

  • Je m’épuise quand j’essaie de ____________________.

  • Je me disperse quand je veux ____________________ (plaire, prouver, contrôler, être à la hauteur…).

  • Aujourd’hui, “arrêter” pourrait vouloir dire : ____________________.

Ce travail suit la logique de la conférence : moins accumuler, plus revenir à l’essentiel.

Le désapprentissage, ici, n’est pas une idée abstraite. C’est enlever ce qui a servi à survivre, mais qui empêche maintenant d’exister pleinement. C’est aussi ce qui fait le lien avec l’autonomie : quand vous ne dépendez plus du “trop”, vous retrouvez un choix.

Retrouver son univers : autonomie intérieure et choix plus libres

Dans la conférence, l’autonomie ne ressemble pas à une posture dure du type “je n’ai besoin de personne”. Jennifer décrit une autonomie progressive : “j’ai commencé à prendre un petit peu d’autonomie” — un tout petit peu au début. On n’arrache pas un mécanisme d’un coup : on le voit, on le comprend, puis on avance par étapes.

Elle donne des exemples concrets : faire des choses seule, aller au cinéma seule, boire un verre seule, partir en vacances seule. Et elle ajoute une nuance : ce n’était pas une injonction (“je dois le faire”), c’était un élan (“l’envie était plus forte”). C’est une signature de l’autonomie : quand votre mouvement vient de vous, pas d’une peur du vide ou d’un besoin de contrôle.

Le basculement intérieur (en une phrase)

Passer de “je vis à travers l’autre” à “je me crée mon univers” — ou, comme elle le dit, “retrouver mon univers”.

Jennifer parle aussi de “montagnes russes” : énergie, puis apathie, puis élan à nouveau. Ce détail est important : le chemin vers l’autonomie n’est pas linéaire. L’autonomie n’est pas l’absence d’émotions. C’est la capacité à ne plus se confondre avec elles, et à faire de la place à ce qui est vrai pour vous.

Envie de suivre tout le fil (avec les exemples racontés en détail) ?

La rediffusion déroule son parcours, ses prises de conscience, et la logique “arrêter / se relâcher / désapprendre” pour retrouver son bonheur au quotidien.

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FAQ – Apprentissage, autonomie, équilibre émotionnel

Pourquoi j’ai l’impression d’être “trop” puis “pas assez” ?

Jennifer décrit ce cycle comme une alternance : hyperactivité et contrôle, puis épuisement et apathie. Le premier pas n’est pas de forcer l’équilibre : c’est de repérer le mécanisme quand il se déclenche (peur du vide, peur du rejet, besoin de maîtrise), puis d’introduire du relâchement.

Est-ce normal de se perdre dans les relations ?

Jennifer explique qu’elle se moulait sans s’en rendre compte : centres d’intérêt, langage, habitudes. Ce n’est pas une “faute”. C’est souvent une stratégie de sécurité : s’adapter pour rester en lien. L’autonomie commence quand vous voyez ce glissement et que vous revenez à ce qui vous ressemble.

Pourquoi le relâchement est si important ?

Parce que, selon Jennifer, c’est dans la détente que les prises de conscience deviennent audibles. Quand le corps se relâche, l’esprit se desserre, et vous entendez ce qui était déjà là. Ce n’est pas de la magie : c’est une expérience répétée dans son parcours.

“Désapprendre”, ça veut dire quoi au quotidien ?

Dans son récit, “désapprendre” veut dire arrêter de se disperser et arrêter de chercher le bonheur en faisant “toujours plus”. C’est retirer des couches : des exigences, des contrôles, des automatismes relationnels. Le résultat recherché : retrouver son univers et une forme de stabilité intérieure.

En résumé

Dans cette conférence de l’Académie Nouvelle Vie, Jennifer Avène met des mots sur un vécu fréquent : se sentir instable malgré une vie “correcte”, se suradapter jusqu’à vivre dans l’univers de l’autre, basculer entre le trop et le pas assez, et s’épuiser à force de contrôle. Son pivot est simple : se relâcher pour écouter, puis “désapprendre” ce qui disperse, afin de retrouver son univers et une autonomie plus vivante.

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