Transformer Ses Émotions : De La Souffrance à La Résilience

Comprendre le deuil comme un processus naturel de cicatrisation intérieure

Dans cette conférence de l’Académie Nouvelle Vie, Christine De Oliveira propose des repères simples et accessibles pour comprendre le deuil comme un processus (et non un “état”), avec ses étapes, ses allers-retours et sa temporalité. L’intention : mettre des mots sur ce que vous vivez, et vous aider à créer un environnement plus favorable à l’apaisement, à votre rythme.

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Christine De Oliveira

Christine De Oliveira

Psycho-énergéticienne et Coach en développement personnel – Spécialisée dans l’accompagnement au deuil

Le deuil : bien plus que la mort d’un proche

Quand on entend “deuil”, beaucoup pensent immédiatement au décès. Christine rappelle pourtant une nuance essentielle : le deuil se déclenche dès lors qu’on est confronté à une perte. Il peut donc prendre de multiples visages, selon ce qui a été “rompu” dans votre vie.

Dans la conférence, plusieurs exemples sont cités : un deuil amoureux après une séparation ou un divorce, un deuil professionnel après un licenciement ou une reconversion forcée, le deuil d’un rêve ou d’un projet quand la vie prend une direction différente de ce qui avait été imaginé, ou encore le deuil de la santé face à la maladie ou au handicap.

Le point commun n’est pas “le sujet” de la perte, mais la rupture avec ce qui faisait partie de vous, de vos repères, ou de votre vision du monde. Et même si les douleurs ne se comparent pas entre elles, Christine insiste sur une idée structurante : le processus suit le même cheminement pour aider à intégrer une nouvelle réalité.

Note importante

Christine souligne aussi le contexte : le deuil reste souvent un sujet tabou, dont on parle peu. Or, ce tabou entretient un manque de connaissance et de reconnaissance du processus, ce qui peut rendre le travail du deuil plus compliqué. Mettre des mots, c’est déjà alléger une part de solitude et d’incompréhension.

Un processus naturel de cicatrisation intérieure

Dans la conférence, une distinction revient plusieurs fois : le deuil n’est pas un état d’être, c’est un processus. Autrement dit, ce n’est pas une étiquette (“je suis en deuil” comme si cela définissait tout), mais un mouvement interne qui se met en œuvre quand une perte a créé une blessure psychique, invisible.

Christine le formule comme un processus naturel de cicatrisation. Elle propose une analogie très concrète : quand on se coupe, ce n’est pas nous qui “décidons” d’envoyer les globules blancs ou les plaquettes pour réparer. C’est l’intelligence du corps qui active la cicatrisation. En revanche, nous pouvons créer un environnement propice (désinfecter, protéger, appliquer un baume) pour que la réparation se fasse plus harmonieusement.

L’idée centrale de la conférence : le deuil s’enclenche “automatiquement”,
mais on peut l’accompagner pour soutenir la cicatrisation intérieure.

Exercice doux : “mon environnement propice” (inspiré de l’analogie de la cicatrisation)

Christine explique que, comme pour une plaie, nous ne “commandons” pas la cicatrisation… mais nous pouvons soutenir le processus. Prenez 3 minutes et notez :

  • Ce qui protège (ex : un lieu, une routine, une personne, une activité qui vous fait du bien).

  • Ce qui irrite la “plaie” (ex : certaines discussions, certaines injonctions, certaines sollicitations).

  • Un petit geste de soin que vous pouvez répéter (ex : vous accorder un temps calme, réduire l’hyperactivité, demander une présence).

Objectif : créer des conditions plus favorables à l’apaisement, sans vous forcer à “aller mieux vite”.

Le “tsunami émotionnel” : ce que le deuil mobilise

Christine décrit le deuil comme un “gigantesque tsunami émotionnel”. Cette expression dit quelque chose d’important : le deuil ne touche pas seulement la tête, ni seulement le cœur. Il peut mobiliser l’être tout entier, et donner l’impression que “tout” est bouleversé.

Elle parle aussi de la solitude et de l’incompréhension : on peut se sentir seul, incompris, et parfois même ne pas comprendre soi-même ce qui se passe. C’est précisément pour cela que la conférence propose des repères : comprendre que ce que vous vivez est un processus, avec des mécanismes de protection, des phases, et une temporalité.

Autre point crucial : le deuil n’est pas synonyme d’oubli. La souffrance peut s’apaiser, se transformer, mais selon les situations elle peut ne jamais disparaître totalement. Le but n’est pas d’effacer ce qui a compté, mais d’intégrer la perte dans votre histoire en continuant d’avancer.

Les 4 grandes étapes du deuil selon Christophe Fauré

Les spécialistes décrivent le processus à travers des modèles. Christine précise que ces modèles sont là pour aider à comprendre, tout en respectant une réalité fondamentale : chaque deuil est unique, et rien n’est linéaire. Il peut y avoir des allers-retours entre les étapes.

1) Le choc et la sidération

C’est le moment de l’annonce de la perte. Le corps peut vivre un choc global. Christine explique que le cerveau peut “absorber l’onde de choc” et anesthésier les émotions, comme un mécanisme de protection. On peut fonctionner en mode automatique, comme un robot, avec l’information “connue” mais pas encore intégrée.

2) La fuite et la recherche

Cette étape comporte deux versants. D’un côté, la fuite : on cherche à éviter la souffrance par tous les moyens, parfois via une hyperactivité, comme si une vague immense était prête à s’abattre sur nous et qu’on courait pour y échapper. De l’autre, la recherche : besoin de maintenir le souvenir de ce qui était (parler sans cesse, écouter des messages, regarder des photos), comme des “béquilles” inconscientes pour avancer.

3) La déstructuration

C’est le moment où l’information commence à s’intégrer pleinement, avec la conscience du caractère irréversible de la situation. Christine le dit clairement : cette phase est souvent la plus douloureuse et la plus difficile. Elle évoque un vécu dépressif spécifique au deuil, qui peut donner l’impression d’aller plus mal qu’au début.

4) La restructuration

Cette étape se met en place petit à petit, parfois en même temps que la déstructuration (avec des allers-retours). C’est le moment où l’on commence à se projeter, à intégrer la perte dans son histoire tout en continuant d’avancer, en créant une nouvelle histoire.

Vous voulez suivre le fil complet (avec les nuances et les exemples) ?

La rediffusion déroule le processus étape par étape, en rappelant la non-linéarité et l’importance du rythme propre à chacun.

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Pourquoi vous avez l’impression de “faire marche arrière”

Un des points les plus rassurants de la conférence, c’est cette mise en mots : il est fréquent d’avoir la sensation d’aller plus mal après. Christine explique que, dans la phase de déstructuration, on peut croire “faire marche arrière”, comme si tout ce qui avait été “tenu” au début s’effondrait.

Pourquoi ? Parce qu’au début, certains mécanismes de protection peuvent anesthésier, soutenir, porter. Puis, quand l’agitation autour de vous se calme (par exemple après les funérailles, quand “tout le monde est rentré chez lui”), la réalité se présente autrement, parfois de façon brutale. Christine insiste : c’est normal, cela fait partie du processus. Et le fait de le savoir peut déjà réduire la confusion et l’angoisse.

De la déstructuration à la restructuration : vers la résilience

Christine rappelle une idée qui va à contre-courant de notre société du “vite” : un deuil ne se traverse pas en quelques semaines et parfois pas en quelques mois. Il faut parfois plusieurs années pour accéder à la résilience. Ce rappel de temporalité n’est pas là pour décourager, mais pour enlever une pression inutile.

Elle le dit aussi très clairement : chaque deuil est unique. Dans une même famille, face à une même perte, chacun peut vivre un chemin différent. Respecter cela, c’est éviter les comparaisons (“tu devrais être à telle étape”, “ça fait déjà tant de temps”). Le processus est propre à chacun, et il peut comporter des allers-retours entre les phases.

Mini repère : “où j’en suis aujourd’hui ?” (4 étapes, sans pression)

Christine précise que rien n’est linéaire. L’objectif n’est pas de “se classer”, mais d’observer. Répondez simplement :

  • Choc / sidération : est-ce que je suis surtout en mode automatique, comme anesthésié(e) ?

  • Fuite / recherche : est-ce que j’évite la douleur par l’hyperactivité, ou est-ce que je cherche à maintenir le souvenir (photos, messages, parler sans cesse) ?

  • Déstructuration : est-ce que je traverse une phase très douloureuse, avec l’impression d’aller plus mal qu’au début ?

  • Restructuration : est-ce qu’un début de projection apparaît, même très discret, tout en gardant la perte dans mon histoire ?

L’essentiel : vous avez le droit d’être là où vous êtes, et d’avancer à votre rythme.

Créer un environnement propice : l’idée clé de l’accompagnement

Si le deuil se déclenche naturellement, la conférence insiste sur ce que vous pouvez choisir : travailler le deuil, l’accompagner, pour que la cicatrisation de la blessure invisible soit la plus harmonieuse possible. C’est la logique de l’analogie de la plaie : vous ne commandez pas le processus, mais vous pouvez créer des conditions plus soutenantes.

Christine évoque aussi que, dans la phase de déstructuration, il peut être nécessaire d’être accompagné : cela peut passer par un accompagnement thérapeutique, et parfois un accompagnement médical. Là encore, l’idée n’est pas de “se juger”, mais de reconnaître l’intensité de ce qui est vécu et de chercher le soutien adapté.

Enfin, elle rappelle que l’intention de la conférence est d’apporter des clés, des ressources concrètes, et un autre regard sur le deuil : celui d’un processus universel, profondément humain, qui peut transformer à tout jamais, avec un avant et un après.

FAQ – Deuil, émotions, temporalité

Le deuil concerne-t-il seulement la mort ?

Non. Christine rappelle que le deuil se déclenche face à une perte : décès, séparation, divorce, perte d’un travail, reconversion forcée, deuil d’un projet, ou encore deuil de la santé. Le point commun est la rupture avec ce qui faisait partie de votre vie, de vos repères ou de votre vision du monde.

Pourquoi le début peut sembler “anesthésié” ?

Dans la phase de choc et sidération, Christine explique que le cerveau peut absorber l’onde de choc et anesthésier les émotions comme mécanisme de protection. On peut fonctionner en mode automatique, avec l’information “là”, mais pas encore pleinement intégrée.

Pourquoi je fuis… et en même temps je recherche le souvenir ?

La conférence décrit la phase de “fuite et recherche” avec ses deux versants. La fuite peut passer par l’hyperactivité pour éviter la souffrance. La recherche peut se manifester par le besoin de parler, de regarder des photos, d’écouter des messages, pour maintenir le souvenir. Christine présente ces réactions comme des mécanismes inconscients, des béquilles pour avancer.

Est-ce normal d’aller plus mal après ?

Oui. Christine explique que la déstructuration est souvent la phase la plus douloureuse, avec un vécu dépressif spécifique au deuil. On peut avoir l’impression de faire marche arrière et d’aller plus mal qu’au début. Savoir que cela fait partie du processus aide à remettre de la compréhension et de la douceur dans ce qui est vécu.

Combien de temps faut-il pour “s’en remettre” ?

Christine insiste sur la temporalité : dans une société où tout va vite, on voudrait aller mieux vite… mais un deuil ne se traverse pas en quelques semaines, parfois pas en quelques mois. Il faut parfois plusieurs années pour accéder à la résilience. Et chaque deuil est unique : chacun avance à son rythme.

Le deuil, est-ce oublier ?

Non. Christine le dit clairement : le deuil n’est pas synonyme d’oubli. La souffrance peut s’apaiser et se transformer, mais selon les situations elle peut ne jamais disparaître totalement. L’enjeu est d’intégrer la perte dans votre histoire tout en continuant d’avancer.

En résumé

Le cœur de cette conférence de l’Académie Nouvelle Vie tient en quelques repères simples : le deuil ne concerne pas seulement la mort, c’est un processus qui se déclenche face à une perte. Il est naturel, comme une cicatrisation intérieure, et il suit des phases (avec des allers-retours). Il peut transformer profondément, et demander du temps : parfois plusieurs années pour accéder à la résilience. Savoir cela n’efface pas la douleur, mais peut aider à créer un peu plus de compréhension, de douceur, et un environnement plus propice à l’apaisement.

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