Comment S’alléger De Ses Poids ?
Comprendre le mécanisme des addictions
Pourquoi est-ce si difficile d’arrêter le sucre, le grignotage ou l’alcool quand on est stressé(e) ou contrarié(e) ? La réponse n’est pas dans la volonté. Elle est dans le cerveau, les émotions… et un mécanisme biologique extrêmement puissant.
Disponible en vidéo dès maintenant

Isabelle Villarem
Vétérinaire, Immunologiste, Micronutritionniste, Homéopathe et Sophrologue
Pourquoi une simple fatigue peut déclencher une compulsion
Imaginez : vous rentrez du travail fatigué(e), un peu stressé(e), peut-être contrarié(e). Une petite voix intérieure dit : “Un paquet de chips me ferait du bien… juste un peu de chocolat.” Vous exécutez l’idée. Et là, surprise : vous vous sentez mieux.
Ce soulagement n’est pas imaginaire. Le cerveau vient d’activer un système puissant : le circuit de la récompense. Il enregistre que “manger = soulagement”. Et comme tout bon élève, il va vouloir répéter ce qui lui a fait du bien.
Mini-exercice
La prochaine fois que l’envie surgit, posez-vous deux questions simples :
– Ai-je réellement faim ?
– Quelle émotion suis-je en train de vivre ?
Dopamine et sérotonine : le duo invisible du plaisir
Quand vous mangez ce qui vous “réconforte”, votre cerveau libère de la dopamine. Comme son nom l’indique, elle “doppe” : elle motive, elle stimule. Ensuite vient la sérotonine, l’hormone du bonheur, celle de la satisfaction.
Dopamine = motivation.
Sérotonine = satisfaction.
Le cerveau adore ça. Il classe cette expérience comme essentielle à votre survie. Résultat : il vous pousse à recommencer. Encore. Puis encore.
Le circuit de la récompense : allié précieux… jusqu’à l’emballement
Ce circuit n’est pas “mauvais”. Il sert à apprendre, à se motiver, à réussir un examen, à répéter ce qui est bénéfique pour la survie.
Mais aujourd’hui, il peut se dérégler facilement : sucre, alcool, tabac, scrolling, travail excessif, achats compulsifs… Toutes les addictions utilisent ce même circuit.
Progressivement, le cerveau associe : stress → nourriture → soulagement. Et l’apprentissage devient automatique.
L’addiction n’est pas un manque de volonté
C’est fondamental : l’addiction n’est PAS un manque de volonté.
Le circuit neuronal se met en route tout seul. Il se suractive. Et plus il s’active, plus il modifie le cerveau : diminution des récepteurs à la dopamine, baisse de leur sensibilité, réduction de la sérotonine.
Résultat : il faut toujours plus pour obtenir moins de plaisir. C’est le cercle vicieux.
Quand une émotion non exprimée devient compulsion
Prenons la colère. Elle contient un message et un besoin à satisfaire. Mais si vous ne l’exprimez pas – par peur, par contrainte professionnelle – son énergie reste dans le corps.
Cette énergie cherche une sortie. Le chocolat, les chips, l’alcool deviennent des raccourcis de réconfort.
Scan émotionnel
– Quelle émotion est présente ?
– Quel besoin est derrière ?
– Quel message je n’écoute pas ?
La “bête” intérieure et le mode fuite ou combat
À force de répétition, une “bête” semble s’installer dans la tête : “Tu peux en manger un peu… tu arrêteras demain…”
Ce mécanisme est lié au cerveau reptilien, celui de la survie. En parallèle, le cortisol – hormone du stress – s’active. Vous entrez en mode fuite ou combat.
L’addiction devient alors une tentative du corps pour se réguler. Une tentative maladroite… mais une tentative de protection.
Peut-on rééduquer le système ?
Oui. Le système peut être rééduqué.
Cela implique de travailler à la fois sur l’assiette, sur les émotions, et sur les signaux déclencheurs. Comprendre ce qui se joue permet de sortir du pilotage automatique.
Chaque addiction est une tentative du corps de se réguler. Si vous écoutez le message plutôt que d’étouffer l’émotion, le cercle peut se briser.
FAQ – Addictions et poids émotionnel
Pourquoi est-ce plus fort que moi ?
Parce que le circuit de la récompense s’active automatiquement. Ce n’est pas une question de volonté.
Pourquoi j’ai besoin de plus en plus ?
Parce que les récepteurs à la dopamine diminuent et deviennent moins sensibles. Le plaisir baisse.
Pourquoi je mange sans faim ?
Parce que vous cherchez à calmer une émotion, pas à nourrir votre corps.
Peut-on vraiment s’en sortir ?
Oui, en comprenant les mécanismes et en rééduquant progressivement le système.
En résumé
Si vous luttez contre le sucre, le grignotage ou d’autres compulsions, ce n’est pas un défaut. C’est un mécanisme biologique et émotionnel qui s’est emballé. En comprenant le circuit de la récompense, vous reprenez du pouvoir.
